L'étoile de Barnard (et non pas Bernard), la 4ème étoile la plus proche du Soleil, se trouve à seulement 1,8 parsecs (environ 6 années-lumière) , et elle abrite quatre planètes récemment découvertes. Cette étoile présente une composition chimique bien connue, avec des éléments fondamentaux pour la formation des roches, tels que le fer (Fe), le magnésium (Mg) et le silicium (Si). Ces éléments, une fois analysés, donnent des indices sur la façon dont les planètes de ce système pourraient avoir hérité de leur composition. En effet, en raison de similitudes dans les rapports d'abondance élémentaire entre l'étoile et les planètes, il est maintenant possible de modéliser les structures intérieures de ces mondes fascinants.
À l'examen des caractéristiques dynamiques de ce système, il est établi que toutes les planètes possèdent des masses comprises entre 0,19 et 0,84 fois celle de la Terre. De plus, il est probable qu'elles soient en rotation synchronisée avec leur étoile, un état connu sous le nom de verrouillage gravitationnel (comme Mercure par rapport au Soleil, et comme la Lune par rapport à la Terre). Pour les trois planètes intérieures, une chaîne de résonance de mouvement moyen dans un rapport de 4:3 ne peut être exclue. Ces propriétés suggèrent un système stable et ordonné, apportant ainsi des sources potentielles d'informations pour les astronomes s'intéressant à des systèmes planétaires similaires.
Enfin, en étudiant l'évolution de l'atmosphère de ces planètes, il apparaît très peu probable qu'elles possèdent des atmosphères primaires similaires à celles que l'on trouve sur Terre. Le rapport inhabituellement élevé de magnésium sur silicium, ainsi qu'un faible rapport thorium sur magnésium, suggèrent que les manteaux des planètes sont riches en ferropericlase (un minéral riche en Mg et Fe), mais qu'ils ont également moins de capacité à retenir de l'eau par rapport à notre planète. De plus, ces corps semblent moins capables de générer de la chaleur radiogénique (l'énergie thermique libérée par la désintégration radioactive d'isotopes présents dans la croute et le manteau planétaire : uranium, thorium, potassium). En conséquence, ces planètes sont froides et peu susceptibles d'avoir des atmosphères secondées. Ces études sur l'étoile de Barnard ouvrent la voie à l'exploration d'autres systèmes planétaires voisins, en particulier ceux renfermant des planètes semblables à la Terre que nous pourrions découvrir dans les années à venir...
Retrouvez l'article scientifique au complet (en anglais) ici : The Barnard's Star Planetary System: Stability, Composition, and Evolution of Four Sub-Earth Exoplanets
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